Poèmes de Patricio Sánchez, merci à lui.

 

1

Jamais l’homme au parapluie

Ne pourra convaincre le ciel.

 

2

Nous avons vu des cimetières en flammes.

Un pays effacé de la carte du ciel.

 

3

Entends-tu partir les trains du brouillard ?

Ce silence de marbre que le fer nous arrache.

Entends-tu le vol de la chouette sur les branches ?

Ce départ éternel de l’aube chaque nuit.

 

4

Nous étions assis au milieu

de l’herbe à attendre un signal,

les yeux fermés.

Le lendemain, l’enclume

de l’aube pesait comme un nuage

sur tes paupières en sang.

 

5

Ils sont venus par des sentiers de sable.

Le jour à ta fenêtre

Un murmure à ta porte

Ta volonté un mirage sous le poids de tes mains.

Nous devons aller où commence le jour.